Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du monde : 80 % de la population est analphabète, un enfant sur dix meurt avant l’âge d’un an et 70 % des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour. L’accès aux soins y est un luxe : chaque acte, chaque médicament doit être payé par le patient.
Le centre médical Schiphra, dispensaire protestant créé en 1953 à Ouagadougou, accueille chaque jour des populations démunies pour un coût bien inférieur à celui de l’hôpital ou des cliniques privées de la capitale. En 2003, il ne dispose encore d’aucun service d’ophtalmologie, alors que les besoins en soins visuels — la chirurgie de la cataracte en particulier — sont considérables et ont été identifiés dès 2000 par sa responsable, Marie-Claire Traoré.
Implanter durablement un service de chirurgie ophtalmologique au dispensaire Schiphra de Ouagadougou, en lien avec l’Église Nationale du Burkina et l’Alliance Missionnaire Internationale (AMI) :
Une première mission d’exploration, menée par le Docteur Alain Corre en septembre-octobre 2003, permet d’établir les plans du futur service. Le bâtiment d’ophtalmologie est construit en un temps record grâce à l’équipe du dispensaire, et le matériel collecté par plusieurs partenaires français est envoyé par containers en décembre 2003 puis en juin 2004.
Six missions médicales bénévoles se succèdent en 2004 (janvier-février, mars, puis quatre missions de septembre à décembre), installant le service, formant les équipes locales et opérant les premiers patients. Sur la seule année 2004, le service réalise 1 709 consultations et 2 417 actes au total, dont 153 opérations de la cataracte, 34 trabéculectomies, et 67 actes pratiqués gratuitement pour des patients sans ressources.
En 2016, un second point de consultation ophtalmologique, avec magasin d’optique, est ouvert dans les locaux de l’Alliance Missionnaire Internationale (AMI) à Ouagadougou ; il reçoit depuis au moins 15 patients chaque semaine.